Publié : 2 novembre 2026
Vérifié et relu par Royking Niba, Relecteur éditorial, JOGOO Agriculture

La culture du chou en Côte d’Ivoire a son bastion dans le Nord, autour de Korhogo, où le chou pommé (Brassica oleracea var. capitata) est le premier légume des maraîchers. Il se cultive aussi au Centre, autour de Bouaké, de Yamoussoukro et dans la région du Bélier. Les repères ivoiriens : une pépinière de 3 à 4 semaines, des pommes récoltées 90 à 120 jours après le semis, un rendement de référence de 20 à 30 t/ha et des prix bord champ de 100 à 400 FCFA/kg relevés dans la littérature en 2014 et 2022. Les chiffres de cette fiche viennent de l’Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo, du CNRA, du Centre suisse de recherches scientifiques et de la FAO.

Dans la culture du chou en Côte d’Ivoire, la teigne est l’ennemi numéro un. Les essais de Korhogo montrent qu’une parcelle non protégée perd plus de la moitié de son rendement, mais aussi qu’un simple filet anti-insectes peut remplacer une bonne partie des traitements.

La culture du chou en Côte d’Ivoire en un coup d’œil

Paramètre Repère ivoirien
Zones citées Korhogo (Nord), Gbêkê/Bouaké, lac de Kossou près de Yamoussoukro, Djékanou (Bélier)
Pépinière 21 à 28 jours ; repiquage au stade 6 feuilles à Korhogo
Écartement observé 50 cm entre plants à Korhogo ; 25 cm sur 25 cm à Djékanou
Variété testée KK Cross, résistante à la chaleur
Cycle 90 à 120 jours
Arrosage Environ 5 mm par jour, matin et soir (Djékanou)
Rendement 20 à 30 t/ha en référence ; environ 8 t/ha sans protection à Korhogo
Ravageurs majeurs Plutella xylostella, Hellula undalis, Spodoptera littoralis, pucerons

Zones de production et saisons

Le Nord : Korhogo et les savanes

Dans la région de Korhogo, le chou pommé est la principale culture maraîchère, selon les travaux de Kouassi et al. (2019) qui citent Tuo et al. (2017). L’équipe de l’Université Peleforo Gon Coulibaly a conduit trois cycles de culture successifs entre juillet 2018 et avril 2019, sur trois sites autour de la ville : le village de Waraniéné, les berges du barrage de la Mongaha et le jardin botanique de l’université. Les conditions relevées résument bien le calendrier du Nord :

Cycle Saison Pluie Température moyenne
Juillet à septembre Saison des pluies 589 mm 25 °C
Novembre à janvier Saison sèche avec harmattan 7,3 mm 27,2 °C
Février à avril Saison sèche chaude 60 mm 29,3 °C

La saison sèche est la saison du chou au Nord, mais elle impose l’irrigation, et c’est aussi la période où la teigne attaque le plus : 9,6 % et 7,5 % de plants attaqués en moyenne lors des deux cycles secs, contre 4,9 % en saison des pluies. Avec des températures moyennes de 27 à 29 °C, bien au-dessus de l’optimum de 17 °C fixé par la FAO pour le chou, un hybride tolérant à la chaleur s’impose.

Le Centre : Bouaké, Yamoussoukro et le Bélier

Dans la région du Gbêkê, une enquête du CNRA auprès de 132 maraîchers urbains, périurbains et ruraux (Yeo et al., 2022) a trouvé du chou chez 24,5 % des producteurs. Le climat y est bimodal : pluies de mars à juin puis de septembre à octobre, saisons sèches de juillet à août et de novembre à février.

Près de Yamoussoukro, un essai en milieu paysan a été conduit sur les rives du lac de Kossou de mi-juillet à mi-septembre, avec des plants repiqués à 21 jours (Ouali-N’Goran et al., 2014). À Djékanou, dans le Bélier, à environ 180 km au nord d’Abidjan, Soro et Hgaza (2014) signalent que l’offre abonde et que les prix chutent en octobre et novembre. Décaler une partie des plantations pour récolter hors de cette période améliore le prix de vente.

Variétés adaptées à la chaleur ivoirienne

La variété documentée dans les essais ivoiriens est KK Cross, décrite à Djékanou comme résistante à la chaleur et tolérante à la nervation noire (Xanthomonas campestris), avec un cycle d’environ 90 jours. Le catalogue du RECA (Niger, 2019) la classe parmi les variétés « toutes saisons », récoltée 70 à 75 jours après repiquage, avec 20 à 30 t/ha. Les autres hybrides tolérants à la chaleur cités par ce catalogue, comme Tropica Cross F1, sont à rechercher chez les distributeurs agréés. Les variétés de saison fraîche, comme Marché de Copenhague, sont à éviter en zone de savane.

Pépinière, repiquage et densité

À Korhogo, les semences ont levé 3 jours après le semis et les plants ont été repiqués au stade 6 feuilles, 28 jours après le semis (Kouassi et al., 2022). Une pépinière sous filet d’ombrage puis sous voile anti-insectes donne des plants vigoureux et propres ; notre article sur la pépinière de laitue sous filet d’ombrage en Côte d’Ivoire détaille un montage transposable au chou.

Les densités publiées varient beaucoup. À Korhogo, les plants étaient espacés de 0,5 m sur des lignes de 10 plants. À Djékanou, l’essai a été repiqué serré, à 25 cm sur 25 cm. La FAO recommande 30 000 à 40 000 plants par hectare : 50 cm sur 50 cm reste un bon compromis pour KK Cross, dont la pomme peut dépasser 2 kg.

Fertilisation et arrosage

À Djékanou, sur un sol ferralitique sablo-argileux de pH 4,5 à 6,5, la fumure de référence était un NPK 10-18-18, à 400 ou 600 kg/ha selon les passages de l’article. Le même essai montre que le tiers de cette dose, complété par un engrais organique liquide, a donné le meilleur rendement commercialisable (12,5 t/ha contre 6,3 t/ha). Une fumure organique de fond reste donc utile, surtout sur les sols pauvres du Centre et du Nord.

Le chou a besoin de beaucoup d’azote et de potassium : 100 à 150 kg N et 100 à 130 kg K par hectare selon la FAO. Fractionnez l’azote entre le repiquage et le début de pommaison plutôt que de tout apporter au fond, et basez les doses sur une analyse de sol.

Côté eau, l’essai de Djékanou apportait environ 5 mm par jour, matin et soir, pour compenser l’évapotranspiration. La FAO situe les besoins totaux du chou entre 380 et 500 mm et souligne que la phase de formation de la pomme est la plus sensible au manque d’eau. Dans le Nord en saison sèche, un goutte à goutte associé à un paillage économise l’eau des retenues et garde le feuillage sec. Le paillage est détaillé dans notre article Pourquoi pailler une planche de chou.

La teigne du chou en Côte d’Ivoire

Kouassi et al. (2022) citent 25 espèces d’insectes ravageurs recensées sur le chou dans le pays, avec des pertes pouvant dépasser 50 %. À Korhogo, les trois principaux sont la teigne (Plutella xylostella), la pyrale Hellula undalis et la noctuelle Spodoptera littoralis. Au Centre, près de Yamoussoukro, la teigne représentait environ 56 % de la population de ravageurs relevée et les pucerons environ 38 %.

La biologie de la teigne a été mesurée à Korhogo entre novembre 2017 et janvier 2018 (Kouassi et al., 2019) : incubation des œufs en 2,7 jours, développement de l’œuf à l’adulte en 15 à 19 jours, 62 œufs par femelle en moyenne. Les auteurs estiment que deux à trois générations se succèdent sur un même cycle de chou. Un traitement mal ciblé laisse donc vite repartir la population.

Le filet anti-insectes, une solution testée à Korhogo

L’essai de Kouassi et al. (2022) a comparé un filet en polyamide de maille 1,6 mm, posé sur des cadres en bois de 70 cm de haut, à un insecticide chimique associant lambda-cyhalothrine et acétamipride. Les rendements moyens publiés et les taux d’attaque les plus bas relevés en saison sèche :

Le filet donne donc un rendement proche de la lutte chimique, avec moins de résidus et sans sélectionner de résistances. Il se complète par les autres mesures de lutte intégrée : plants sains, destruction des résidus après récolte, plantes pièges, Bacillus thuringiensis sur jeunes chenilles et alternance des familles chimiques en cas de traitement.

Des pratiques phytosanitaires à revoir

L’enquête du CNRA à Bouaké montre que les insecticides sont la classe de pesticides la plus utilisée (56 %), avec en tête la lambda-cyhalothrine (24 %), l’acétamipride (19 %) et la deltaméthrine (19 %). Kouassi et al. (2022) relèvent une surconsommation de produits de synthèse, source de résistances et de résidus. Près de Yamoussoukro, Ouali-N’Goran et al. (2014) concluent que la lutte chimique seule ne peut pas protéger le chou et recommandent une protection intégrée.

N’utilisez que des produits homologués en Côte d’Ivoire pour le chou, à la dose de l’étiquette, en respectant le délai avant récolte et en portant un équipement de protection.

Récolte, marché et rendement

La pomme est prête quand elle est ferme et lourde pour sa taille (Université de Californie à Davis). Le chou se conserve au froid : récoltez tôt le matin, gardez quelques feuilles enveloppantes et vendez vite. En chambre froide, à 0 °C et plus de 95 % d’humidité, un chou précoce se conserve 3 à 6 semaines.

Pour la culture du chou en Côte d’Ivoire, les références donnent un rendement moyen de 20 à 30 t/ha pour un cycle de 90 à 120 jours, avec un prix bord champ de 100 à 400 FCFA/kg (Soro et Hgaza, 2014, repris par Kouassi et al., 2022). Ces prix datent des publications et doivent être vérifiés sur votre marché avant tout calcul de rentabilité. La saturation d’octobre et novembre signalée dans le Bélier rappelle l’intérêt de produire en décalé.

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Interlocuteurs en Côte d’Ivoire

Questions fréquentes

Où cultive-t-on le chou en Côte d’Ivoire ?

Surtout dans le Nord, autour de Korhogo, où c’est la première culture maraîchère. Il est aussi produit au Centre, dans les régions de Bouaké, de Yamoussoukro et du Bélier.

Quand planter le chou dans le nord de la Côte d’Ivoire ?

Les essais de Korhogo ont porté sur la saison des pluies (juillet à septembre) et sur la saison sèche (novembre à avril, avec irrigation). La teigne a davantage attaqué en saison sèche, d’où l’intérêt d’un filet anti-insectes.

Quelle variété de chou en Côte d’Ivoire ?

KK Cross est la variété utilisée dans les essais ivoiriens : elle résiste à la chaleur et tolère la nervation noire. Les variétés de saison fraîche sont à éviter en zone de savane.

Quel est le rendement du chou en Côte d’Ivoire ?

Les références ivoiriennes citent 20 à 30 t/ha. À Korhogo, une parcelle non protégée n’a produit qu’environ 8 t/ha, contre près de 20 t/ha avec un filet ou un insecticide.

Le chou est-il rentable en Côte d’Ivoire ?

Il peut l’être si la teigne est maîtrisée et si la récolte évite la saturation d’octobre et novembre. Les prix bord champ publiés varient de 100 à 400 FCFA/kg selon la période.

Combien de temps dure la culture du chou en Côte d’Ivoire ?

De 90 à 120 jours au total, dont 3 à 4 semaines de pépinière. À Korhogo, les plants ont été repiqués 28 jours après le semis.

Sources

Pour aller plus loin

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