Publié : 25 octobre 2026
Vérifié et relu par Royking Niba, Relecteur éditorial, JOGOO Agriculture

La culture de la banane plantain en Côte d’Ivoire occupe la troisième place des cultures vivrières, après l’igname et le manioc, avec une consommation de 80 à 120 kg par habitant et par an (Thiémélé et al., 2017). Cette page reprend notre fiche technique dans le contexte ivoirien : zone forestière du Sud, de l’Est et de l’Ouest, cultivars Corne 1 et Orishele, hybrides PITA 3 et FHIA 21, programmes d’engrais du CNRA et rentabilité. Repère central : de 5 à 10 t/ha en conduite traditionnelle à plus de 30 t/ha en conduite intensive irriguée dans les essais du CNRA.

Le pays dispose d’un Centre national de spécialisation sur la banane plantain, hébergé par le CNRA, et d’un réseau de recherche actif autour des stations d’Azaguié et de Bimbresso. La plupart des références chiffrées de cette page viennent de leurs essais.

Production et consommation : les ordres de grandeur

Indicateur Valeur publiée Source
Production nationale 1,6 million de tonnes (FAO, 2012) ; environ 1,9 million de tonnes (FAO, 2022) ; environ 2,12 millions de tonnes par an CNRA 2015 ; Université Félix Houphouët-Boigny 2022 ; Université Peleforo Gon Coulibaly 2024
Rang mondial 8e producteur mondial de plantain Université Félix Houphouët-Boigny, 2022
Consommation 80 à 120 kg par habitant et par an Thiémélé et al., 2017
Cultivar dominant Corne 1 (Faux Corne), plus de 80 % de la production CNRA, 2021
Rendement traditionnel 5 à 10 t/ha à 1 667 plants/ha Kobenan et al., cité par le CNRA

La demande intérieure dépasse l’offre, selon la fiche projet du CEPICI, qui cite les besoins de la population, de l’agro-industrie et de la restauration.

Zones de culture et calendrier

Le plantain est d’abord une culture de la zone forestière, sous climat équatorial humide à quatre saisons : deux saisons des pluies et deux saisons sèches (Thiémélé et al., 2017). L’inventaire variétal publié en 2017 a couvert l’Est, le Centre-Ouest, le Sud-Ouest et l’Ouest. La diversité est la plus forte à l’Est et décroît vers l’Ouest, en suivant l’ancien déplacement de la boucle du cacao.

La cercosporiose noire s’exprime plus fortement dans les zones très humides : dans l’évaluation de 2017, elle était plus sévère à Bouaflé qu’à Katiola, plus sec.

Cultivars et hybrides disponibles

L’inventaire de 2017 a identifié quatre types parmi les 88 variétés locales retenues : Faux Corne (le plus fréquent), French, Vrai Corne et un type intermédiaire appelé Bâtard. Le CNRA diffuse aussi des hybrides résistants à la cercosporiose.

Cultivar Rendement à 2 500 plants/ha Régime moyen Autres repères
Corne 1 (AAB) 19,2 t/ha Environ 8 kg Floraison vers 269 jours, récolte vers 339 jours à 1 667 plants/ha
Orishele (AAB) 23,2 t/ha 11,3 kg Environ 8 mains par régime
PITA 3 (ABBB) 35,6 t/ha Environ 16 kg 7 à 15 t/ha en milieu paysan ; cycle de 10 mois
FHIA 21 (AAAB) 38,1 t/ha Environ 16 kg Régime de 23,7 kg sous irrigation à Korhogo

Sources : CNRA (N’Guetta et al., 2015 ; fiche PITA 3) et Université Peleforo Gon Coulibaly (2024). Par ailleurs, une sélection participative a retenu six variétés locales (CNRA-PLA-3, -4, -7, -9, -15 et -18) pour leur rendement, leur précocité et leur tolérance à la cercosporiose. Leurs régimes ont atteint 25 à 29 kg en parcelles paysannes, contre 2 à 8 kg pour les variétés traditionnelles. Big Ebanga, cultivar local testé à Korhogo, a porté un régime de 16,3 kg sous irrigation.

Plants : vivoplants, PIF et DESHYPIF

Le CNRA fournit des vivoplants : ceux de PITA 3 et d’Orishele ont servi aux essais de l’Université Félix Houphouët-Boigny à M’Brimbo (Tiassalé). Dans l’étude économique du CNRA de 2021, le vivoplant était compté 300 FCFA, plus 50 FCFA de transport.

Pour produire ses propres plants, la méthode PIF (plants issus de fragments de tiges), mise au point au CARBAP, reste la référence. À Daloa, l’Université Jean Lorougnon Guédé a testé une variante, DESHYPIF, sur Orishele. Les rejets sont déshydratés 14 jours à l’ombre, réhydratés 7 jours, puis mis à germer dans de la sciure de bois blanc. Les plants s’obtiennent en 3 à 5 mois, contre 13 à 18 mois pour l’exploitation traditionnelle des rejets, qui ne donne que 3 à 5 rejets par pied mère.

Pour les rejets du champ, utilisez des rejets baïonnettes de 50 à 150 cm, parés puis trempés 20 à 30 secondes dans l’eau bouillante, un traitement validé par l’IITA contre les nématodes.

Conduite de la culture de la banane plantain en Côte d’Ivoire

Densité et trouaison

Le CNRA a comparé trois densités à Azaguié : 1 667 (3 × 2 m), 2 000 (2,5 × 2 m) et 2 500 plants/ha (2 × 2 m), dans des trous de 40 × 40 × 40 cm creusés à la main. La densité la plus forte a donné le meilleur rendement à l’hectare pour les quatre cultivars, avec des régimes un peu plus légers et un cycle de Corne 1 allongé d’environ 9 jours. À Tiassalé, le CNRA a planté 2 500 pieds/ha en lignes jumelées : 1,6 m dans la double ligne, 2 m entre doubles lignes et des allées de 3 m.

Engrais

Essai CNRA Amendement de fond Apports mensuels par pied
Azaguié (2015) 100 g de dolomie et 80 g de phosphate tricalcique une semaine après plantation ; 100 g de dolomie à 6 mois 30 g d’urée et 70 g de chlorure de potassium, de J21 à 9 mois
Tiassalé (2021) 166,6 g de dolomie et 133 g de phosphate tricalcique par trou 22 g d’urée et 55 g de chlorure de potassium, de 2 mois à la floraison

À Korhogo, l’essai universitaire a utilisé 50 g de NPK 15-15-15 par pied et par mois. Ces doses sont des repères d’essai : une analyse de sol permet de les adapter à votre parcelle.

Irrigation

À Tiassalé, le goutte à goutte apportait 7 mm d’eau par jour, cinq fois par semaine. À Korhogo, sans irrigation, environ 85 % des plants sont morts ; le meilleur régime était de 15 litres par pied, cinq fois par semaine, contre 25 litres trois fois par semaine. Le plantain a besoin d’environ 5 mm d’eau par jour selon Lassoudière, cité par les auteurs. En zone forestière, une irrigation d’appoint en saison sèche sécurise la floraison. Plus au nord, elle conditionne la culture. Voir notre article sur l’entretien du pompage solaire d’une plantation de plantain.

Entretien

Désherbage manuel mensuel jusqu’à 3 mois, puis selon les besoins ; effeuillage des feuilles nécrosées contre la cercosporiose ; un seul rejet conservé par souche. Les cultivars suivis à Azaguié portaient 9 à 12 feuilles fonctionnelles à la floraison.

Nématodes, charançon et cercosporiose

Les nématodes raccourcissent la vie des bananeraies. Le CNRA rapporte des pertes de 30 à 75 % lorsque l’on replante de vieux rejets. Dans son essai de Tiassalé, Corne 1 en culture continue sans nématicide est passé de 30 à 35 t/ha au premier cycle à 13,1 t/ha au troisième. Les parcelles replantées chaque année avec des vivoplants sains sont restées autour de 34 à 36 t/ha. Environ 80 % des nématodes se concentraient à moins de 50 cm du pied porteur de régime.

Le charançon du bananier attaque surtout les plantains, le groupe le plus sensible selon l’INIBAP. Sa lutte passe par des plants sains, le parage des rejets, la destruction des résidus et le piégeage. Contre la cercosporiose noire, qui peut faire perdre 35 à 50 % de la récolte sans lutte (ProMusa), combinez effeuillage sanitaire et hybrides résistants comme PITA 3 ou FHIA 21. L’essai du CNRA à Tiassalé a utilisé un fongicide de contact de la famille des chloronitriles tous les 30 jours, de 4 mois à la fructification. N’employez que des produits homologués en Côte d’Ivoire, avec équipement de protection et respect des délais avant récolte.

Récolte et rentabilité

Au CNRA, la floraison de Corne 1 intervient 7 à 8 mois après plantation et les régimes se coupent 80 jours après. Le cycle de production dure environ 12 mois. L’inventaire de 2017 relève 331 à 360 jours de la plantation à la récolte selon les variétés.

L’étude économique du CNRA à Tiassalé (2021) donne des repères :

L’étude exclut l’engrais, le fongicide et l’entretien courant, et ses chiffres de marge comportent des incohérences internes : prenez-les comme ordre de grandeur. Sa conclusion est nette en revanche : replanter chaque année avec des plants sains est plus rentable que maintenir une bananeraie pluriannuelle infestée. La fiche du CEPICI annonce une rentabilité économique de 10 à 30 % pour un projet de 100 ha dans le Sud.

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Questions fréquentes

Où cultiver le plantain en Côte d’Ivoire ?

Surtout en zone forestière : Sud (Agboville, Sikensi, Tiassalé), Est, Centre-Ouest, Sud-Ouest et Ouest. Dans le Nord, la culture n’est possible qu’avec irrigation.

Quel est le rendement du plantain à l’hectare en Côte d’Ivoire ?

De 5 à 10 t/ha en culture traditionnelle. Le CNRA a obtenu 19 à 38 t/ha à 2 500 plants/ha selon le cultivar, et plus de 30 t/ha sous goutte à goutte.

Quelle variété de plantain planter en Côte d’Ivoire ?

Corne 1 domine le marché. Orishele est plus productif. Les hybrides PITA 3 et FHIA 21 donnent les plus gros régimes et résistent mieux à la cercosporiose.

Quel engrais pour le plantain en Côte d’Ivoire ?

Dolomie et phosphate tricalcique au fond, puis chaque mois 22 à 30 g d’urée et 55 à 70 g de chlorure de potassium par pied jusqu’à la floraison, selon les essais du CNRA.

Où acheter des vivoplants de plantain ?

Auprès du CNRA, qui fournit des vivoplants de cultivars locaux et d’hybrides. Une étude de 2021 les comptait à 300 FCFA l’unité.

La culture de la banane plantain en Côte d’Ivoire est-elle rentable ?

Oui en conduite intensive : à 35 t/ha et 300 FCFA/kg, la recette dépasse 10 millions de FCFA par hectare. Mais les coûts d’engrais et d’entretien doivent être déduits.

Vous lancez une culture de la banane plantain en Côte d’Ivoire sous irrigation, en zone forestière ou dans le Nord ? Demandez un devis à nos équipes pour le goutte à goutte et le pompage.

Sources

Pour aller plus loin

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